Le voyage à vélo

Entre les vignes le temps ruisselle
il se cache entre les rayons
des roues de nos vélos chargés
de chaque pierre, de chaque pré.

Le temps s’amuse, rit de lui-même
nous entraînant dans les ruelles
il joue avec l’ombre et le vent
en échappant à ses carcans.

Pédalant toujours plus loin
sans trop savoir ce qui nous mène
sans montre et sans portable en main

le temps devient comme l’allié
de nos chemins.

Le temps

Pas le temps pour penser.
On se doit de rester occupé.e.s.
L’horloge tourne,
imprimant la cadence,
la roue ne doit pas ralentir
car on sait bien au fond,
qu’elle pourrait s’arrêter.

Pas le temps pour penser.
Continuer en virevoltant
à manoeuvrer
d’écrans à écrans
et d’années en années.
Les images défilant
emplissant notre esprit
et étouffant ainsi,
le sursaut potentiel,
le cri qui nous délie.

Pas le temps pour rêver
ou bien des rêves à consommer.
Occupez moi ce temps
que l’on ne saurait voir,
celui des fainéants,
le temps libre et trop vide
qui saurait se remplir
de rêves et d’espoirs.
En nous plaçant devant l’écran,
la chaise creuse qui attend,
en faisant monter les aiguilles
de l’efficacité productive,
le tout, avec rigueur et dévouement.

Pas le temps pour exister.
Education, santé, humanité
et environnement,
tout doit avoir un coût
et être soupesé.

Pas le temps pour penser
au temps accaparé
par de vains bénéfices,
fantasques et fantômes
qui nous glissent des mains.

Automne

Je peux lire ton nom dans les feuilles d’automne,
qui me contemplent de leur éclat châtoyant,
pas encore fâné, plus tout à fait vivant,
feuilles oranges jaunies par les jours qui s’en vont.

Elles sont comme autant de regards posés,
et semblent fredonner un air larmoyant,
qui me chante que là où se pose le vent,
ton esprit est passé et a tout transformé.